Et si on mangeait plus simplement ?


Depuis quelques années maintenant, je crois que nous sommes de plus en plus nombreux, surtout sur les réseaux sociaux, à nous intéresser à ce qui compose nos assiettes. Entre l'ascension fulgurante des fit-girls et la montée en puissance du manger-mieux, notre bien-être est devenu primordial et il est maintenant reconnu que ce dernier passe essentiellement par la façon dont on s'alimente. Les blogs, comptes Instagram ou articles semblants plus « professionnels » pleuvent sur le sujet, et chacun y va de son grain de sel pour nous donner son avis et ses conseils. Chaque jour, des études scientifiques prouvent que tel aliment autrefois plébiscité est finalement dangereux pour notre santé, et que tel autre aliment tout à fait inconnu est l'allié minceur et bien-être indispensable dont nous avons besoin. Les opinions se croisent, se contredisent souvent, les influenceurs vantent chaque semaine les mérites d'un aliment différent et je ne sais pas toi, mais mais je me retrouve aujourd'hui perdue et presque même oppressée par tout ça.
Quand est-ce que manger est devenu un combat ? 

Je ne suis ici pas du tout dans le jugement, je me suis moi-même laissée entraîner dans cette tendance qu'avec le recul je trouve un peu malsaine. D'ailleurs l'année dernière, je vous parlais de mes applications bien-être favorites, et l'application « Le secret du poids » faisait partie de ce top. Je réalise aujourd'hui que ça ne m'aidait absolument pas à me sentir bien, pourtant ce n'est pas pour autant une période de ma vie que je regrette.

Je crois que l'alimentation est devenue quelque chose de bien trop compliqué, et qu'aujourd'hui ceux qui prétendent avoir les connaissances de diététiciennes sont de plus en plus nombreux. On lit sans arrêt des articles sur la façon dont il faudrait que l'on mange, sur les aliments qu'on doit à tout prix bannir de nos assiettes et ceux sans lesquels notre petit-déjeuner est tout simplement un blasphème. Comment ça, tu ne fais pas ton propre muesli ? Je ne dis pas que la démarche est négative, parce que je suis consciente qu'on pense toutes bien faire et qu'on cherche à savoir ce qui est le mieux pour nous. L'ennui c'est que de cette façon, la société et particulièrement les réseaux sociaux deviennent culpabilisants pour les lecteurs. 

Ce n'est que mon opinion personnelle, pourtant je crois que la solution n'est pas dans les baies de goji ou les graines de chia, hors de prix et souvent difficiles à trouver d'ailleurs. Je suis consciente aussi de ce qu'il y a dans la nourriture industrielle et des conséquences que certains aliments peuvent avoir sur notre organisme. Et croyez-moi, je suis la première à tenter de faire attention en analysant les étiquettes et en tentant d'avoir une consommation plus responsable. Pourtant, je ne crois pas là non plus que tout diaboliser soit une solution pérenne. Aujourd'hui, le fait de manger est devenu une véritable épreuve et on nous demande d'être absolument irréprochables. Il faut compter les calories, faire attention au taux de sucres, aux glucides, analyser les étiquettes pour repérer les produits prétendument cancérigènes. On en vient même à se nourrir d'aliments qui ne nous plaisent pas parce qu'ils sont supposément bons pour notre santé, et à nous priver d'aliments qui nous plaisent vraiment parce qu'ils seraient nocifs. Pourtant est-ce qu'outre le fait d'être un besoin vital, le fait de se nourrir ne devrait pas être un plaisir avant tout ? 

Et si la solution, c'était seulement de faire simple ?  

J'essaie, de plus en plus, de m'intéresser à la consommation de produits locaux et aux circuits courts pour mon alimentation, et je suis convaincue que ça correspond bien plus à mon état d'esprit que de compliquer mon assiette. J'ai envie de consommer des fruits et légumes de saison, que je peux trouver chez l'agriculture à côté de chez moi, et pas des produits qui sont censés être hyper bons pour ma santé mais qui sont ramenés de l'autre bout du monde et que je vais payer une blinde au supermarché. J'ai envie de me faire plaisir, de manger des plats qui m'apportent du bonheur lorsque je les prépare mais aussi quand je les déguste. De revenir aux classiques, de laisser tranquillement mijoter un bœuf bourguignon qui sera moins joli à voir su mon compte Instagram qu'un bowl-cake avec 1001 ingrédients inconnus et colorés, mais infiniment plus satisfaisant à manger pour moi. 

Et par dessus tout, je crois qu'on a trop facilement tendance à oublier que tous les métabolismes sont différents. Certains aliments seront bénéfiques pour moi mais pas du tout pour vous. Il faut être à l'écoute de son corps, bien plus que des médias. Il faut prendre le temps de manger et de s'interroger, ensuite, sur les sensations ressenties. Est-ce que ce plat m'a fait du bien ? Est-ce que je me suis au contraire sentie nauséeuse ou ballonnée en sortant de table ? Est-ce que je digère bien ces aliments ? Chacun apportera des réponses différentes à ces questions et finalement, il n'y a pas une seule alimentation qui pourrait convenir à tout le monde.

J'ai envie de retrouver le plaisir de manger simplement, et si je dois m'interroger je préfère que ce soit sur la provenance de mes aliments, d'un point de vue purement éthique, plutôt que sur leur apport calorique. 

2 commentaires

  1. Tout à fait d'accord avec ton article! C'est comme s'il y avait une "mode" alimentaire. Chaque année, de nouveaux aliments sont mis en avant. Et au même titre que les vêtements à la mode, ils sont bien souvent produits à l'autre bout du monde! En tout cas, c'était un plaisir de te lire!

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    1. Merci beaucoup pour ton petit mot
      J'ai bon espoir que les mentalités changent dans les mois à venir et qu'on revienne à quelque chose de plus simple

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