Un blog qui me ressemble


Je me souviens qu'enfant, déjà, j'avais du mal à me lier d'amitié avec les autres. Leur compagnie me laissait comme un arrière-goût de trop peu, et certains me qualifiaient de hautaine, quand mon comportement n'avait rien à voir avec une quelconque suffisance. Ce n'est pas tant les gens qui ne retenaient pas mon attention que le monde tout entier, ce qui m'entourait. Je n'étais que peu connectée avec la réalité, constamment perdue dans les livres, ou en train de penser à ceux que j'allais pouvoir lire en rentrant chez moi, à ce que j'allais pouvoir écrire aussi, parce que l'amour de l'écriture a toujours été présent en moi. L'univers qui grandissait dans mon esprit a toujours eu plus d'attrait à mes yeux que le monde réel, auquel j'aurais mis des années à finalement m'accrocher. J'ai tenté de faire semblant de m'intéresser aux mêmes choses que les autres, parce que personne n'aime la solitude, encore moins à cet âge-là. Mais le naturel est toujours revenu au galop, et mes centres d'intérêt ont toujours été considérés comme étranges, me mettant en marge de la société.


Quand on voit mon blog, pourtant, on ne dirait pas. Les articles que je poste sont plutôt terre à terre, empreints d'éthique, d'amour de l'organisation, d'un peu de mon besoin de tout contrôler aussi. Pourtant ce n'est pas un rôle que je joue, ce ne sont pas des mensonges non plus, seulement cet aspect de ma personnalité qui se bat avec l'autre. Mais je réalise aujourd'hui que ça ne me suffit pas. Si j'aspire à faire un blog qui me ressemble, je ne peux pas me contenter d'exposer cette partie de ma vie tout en éludant complètement ces autres passions qui font de moi ce que je suis. Si j'ai toujours tenu à conserver mon anonymat sur internet, je veux pouvoir en profiter pour partager tout ce qui me tient à cœur.

Sur la blogosphère, pourtant, rien n'est proscrit, mais il m'aura fallu du temps pour le comprendre. C'est que j'ai lu beaucoup d'articles sur le sujet, non pas pour savoir comment avoir le plus de lecteurs possibles, mais parce que je m'intéressais à la façon de toucher les lecteurs en question. Je ne vais pas mentir en prétendant que c'est pour moi que j'écris, si tel était le cas je tiendrais plutôt un journal, ou un blog privé. Mais le format que j'ai choisi incite au partage, et on essaie de nous faire croire qu'il n'y a qu'une seule bonne façon de partager. J'ai lu que je ne devais pas me disperser, au risque de perdre les lecteurs. J'ai lu qu'un blog ne pouvait pas parler de tout et n'importe quoi, qu'il fallait cibler son public pour mieux l'atteindre. J'aurais du faire un blog beauté, voyage, cuisine ou lecture, mais certainement pas les quatre en même temps. Il fallait que j'ai un style défini, une empreinte reconnaissable, disait-on, que les gens en se rendant sur mon blog sachent ce qu'ils allaient y trouver.

Je me suis restreinte pour finalement me rendre compte que mon blog manquait de vie. Pas par manque de travail ou de passion, mais parce que je ne m'autorisais pas vraiment à y être moi-même. Et puis j'ai compris récemment, sans doute grâce à d'autres blogs, que ça n'avait pas à fonctionner de cette façon. Je crois que je me restreins suffisamment dans la vie de tous les jours pour avoir le droit de m'accorder un peu plus de liberté ici, après tout n'est-ce pas l'objectif même d'un blog ? J'ai réalisé que mes lecteurs, encore peu nombreux, n'étaient pas des entités parfaites et lisses, eux non plus, et ne sont pas intéressés par un seul sujet. Alors j'ai décidé de m'autoriser à être moi-même, à cesser de vouloir à tout prix entrer dans une case.

J'ai passé le week-end à travailler sur le design du blog, le contenu aussi. Même le nom est différent, Carnet et cetera devient Les Carnets de Mylia. Ainsi, je crois que les choses seront plus simples pour se repérer, pour moi mais aussi pour les autres. J'avais besoin de retravailler mon identité virtuelle, de créer quelque chose qui me corresponde réellement, à moi et pas à ce que j'ai cru qu'on attendait de moi. Parce que c'est ça, le secret : personne n'attend rien. C'est à moi de proposer, à moi de surprendre, d'intéresser et de créer du lien. Les barrières que je me suis imposée, je les ai imposées seule, et c'est seule que je parviens finalement à m'en débarrasser.

Je suis en train de préparer de nouveaux articles, aussi bien sur les thèmes que j'abordais déjà que sur des sujets plus personnels, plus variés aussi, et je suis impatiente de les partager avec vous, parce que j'ai comme l'impression d'une nouvelle aventure qui commence. 

2 commentaires

  1. La liberté, c'est la vie ! Ton blog, c'est ton espace : fais-en ce que bon te semble, sans limites et sans contraintes ! xx

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est exactement ce que je me suis dit, seulement il m'a fallu un certain temps pour l'accepter

      Supprimer