Premier trimestre de grossesse : bilan et désillusions


Que celles qui s'attendent à lire un article rassurant sur les joies de la grossesse passent leur chemin, mon premier trimestre de grossesse n'aura pas été un long fleuve tranquille, loin de là. En fait, je réalise que j'étais particulièrement naïve, et surtout pleine de principes ridicules que j'ai très rapidement abandonné. 

« Enceinte, je continuerais de faire du sport »

Je crois que ç'aura été l'une de mes plus grandes désillusions ! J'ai toujours été très sportive. Il fut un temps où je suivais assidûment le programme Insanity Max 30, à savoir 30min de sport très intensif tous les soirs. Avant de tomber enceinte, je m'étais également ré-inscrite à la salle de sport, dans laquelle j'allais au moins quatre fois par semaine, 1h30 à chaque fois. Depuis mon adolescence, je suis une sportive assidue, en fait j'adore manger, pas forcément correctement, et du coup j'ai toujours fait beaucoup de sport pour compenser. D'ailleurs, ça fonctionnait plutôt bien, j'ai toujours été plutôt fine et musclée malgré mes excès, bref ça m'allait très bien.

J'avais lu énormément d'articles sur des femmes qui continuaient le sport durant leur grossesse, et puis la mode sur instagram des femmes enceintes qui filment leurs séances de sport m'avait contaminée. Enceinte, je ferais la même chose, c'était certain. Alors attention, je ne dis absolument pas que c'est impossible, seulement je n'avais pas pris en compte le fait que chaque grossesse est différente, et que ce n'est pas possible pour tout le monde.

Personnellement, j'étais épuisée, réellement épuisée.  J'arrivais chez moi à 17h, j'allais directement me coucher avant que Monsieur H. ne me réveille pour manger, généralement vers 20h, puis après le repas je retournais directement me coucher jusqu'au lendemain matin. J'aurais pu dormir toute la journée sans discontinuer, je n'ai jamais été aussi fatiguée de ma vie. J'ai essayé de continuer à faire du sport, mais une séance de vélo elliptique de vingt minutes m'épuisait comme si j'avais couru un marathon, autant dire que j'ai rapidement abandonné. Mon corps avait besoin de repos, et j'ai préféré le lui donner plutôt que de mettre ma santé en danger. 

« Enceinte, je continuerais d'être active »

Alors non, ce n'est pas exactement la même chose que le pavé du dessus. En fait je pensais, surtout au début de la grossesse, que je continuerais à faire les mêmes activités, à voir autant de gens, à sortir de chez moi de la même façon. Sauf que, vous l'aurez compris, j'avais déjà tout le temps envie de dormir, autant vous dire que j'ai refusé un grand nombre de soirées. D'ailleurs, je me souviens parfaitement m'être endormie comme une masse en plein milieu d'une soirée d'Halloween, alors que je ne savais pas encore que j'étais enceinte. Avec le recul, je comprends mieux. 

Mais en-dehors de la fatigue, j'avais également des douleurs insupportables dans le bas du ventre. C'étaient des crampes, un peu comme les douleurs menstruelles, mais en amplifié, à me tordre de douleur sur mon lit. Je pensais que les premiers mois, le ventre ne changeait pas du tout, en fait le mien tirait constamment, et du coup il m'était difficile de marcher longtemps, parce que la position debout était douloureuse. Ce n'était pas constant, mais ça a quand même été un problème récurrent. Autant dire que j'ai fait mes courses de Noël sur internet. 


« Enceinte, je mangerais super équilibré »

Il faut savoir que j'aime beaucoup cuisiner,  et qu'après avoir fait toute une liste de menus j'étais allée au marché pour n'acheter presque que des fruits et des légumes. J'étais décidée à me nourrir hyper correctement, pour que mon bébé ait tous les nutriments nécessaires à sa croissance. Je me suis remise au lait alors que je n'en buvais plus depuis des années, parce que j'avais peur d'une carence en calcium, je prends des vitamines, je faisais attention de manger des assiettes variées, etc...

Ça a duré une semaine. Ensuite ont commencé les nausées, mais aussi les troubles intestinaux. Celui qui a inventé le terme de nausées matinales mérite le bûcher, parce que rien n'est plus traître ! J'ai eu des nausées du moment où je posais le pied par terre le matin, jusqu'à ce que je me recouche le soir. Attention, moment glam : on parle beaucoup de constipation en début de grossesse, moi ça a été tout l'inverse, j'ai eu des diarrhées fréquemment. Donc, exit les fruits et légumes, je me nourrissais quasiment exclusivement de riz. De plus, beaucoup d'aliments ne me faisaient plus envie du tout, et globalement la seule chose que j'arrivais à manger sans être écœurée, c'étaient les féculents. Je ne me suis pas jetée sur la malbouffe, je n'ai pas abusé des desserts ou des biscuits, en revanche j'avais envie de manger uniquement des pâtes et du riz. Autant dire que pour l'équilibre alimentaire, on repassera. 

Mes plus grosses envies de ce premier trimestre ont été les tranches de blanc de poulet, bien industriel, les sardines, les sorbets au citron et les mandarines

« Enceinte, je resterais fine »

Cette fois, ça va avec le thème du dessus. Alors bien-sûr, je sais qu'on grossit enceinte ! Mais je m'étais fixé un objectif de 9-10kg maxis, un kilo par mois ça me paraissait correct, et surtout ne prendre que du ventre, puisque bien entendu je continuerais le sport. 

Un mois après mon test de grossesse, j'avais déjà pris 1,5kg. Alors je pense que c'est du à la consommation excessive de féculents, mais je me sentais ballonnée constamment, et j'avais le ventre gonflé comme si j'étais déjà enceinte de quatre ou cinq mois. J'avais surtout peur que ça devienne difficile à cacher, heureusement qu'on est en hiver et j'ai pu porter des pulls larges, mais quand même mon moral a pris un sacré coup. En plus avec l'absence totale de sport, j'ai perdu du muscle assez rapidement, et j'avoue l'avoir assez mal vécu. A l'heure actuelle, j'appréhende toujours la suite et la prise de poids pour le reste de la grossesse. 

« Enceinte, je serais hyper relaxée »

Parce que oui, comme tout le monde le sait et se tue à nous le répéter,  le stress est très mauvais pour le bébé. Alors c'était évident, je ferais du yoga, de la méditation, et je serais la plus détendue possible. Et c'est ce que j'ai fait ! J'ai médité et fait du yoga, et d'ailleurs je continue toujours à l'heure actuelle. Seulement la détente ne durait que quelques heures avant que le stress ne revienne.

Je suis une grande angoissée, vous le savez déjà. Alors durant les trois premiers mois quand on ne cesse de nous parler des risques de fausse-couche, j'étais angoissée au moindre signe. J'ai d'ailleurs hyper mal vécu les crampes abdominales, à chaque fois persuadée que c'était le signe que quelque chose allait mal. Entre chaque visite chez ma gynéco, j'étais également anxieuse à l'idée que quelque chose n'aille pas. Alors je n'ai pas fait de crises d'angoisse, par contre on ne peut pas dire que je sois particulièrement détendue.  

En somme, ce premier trimestre aura été très compliqué pour moi, et j'ai passé mon temps à croiser les doigts pour que les choses s'apaisent à partir du deuxième trimestre ! 

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